vendredi 3 février 2017

Ah l'hiver n'a pas dit son dernier mot! Le temps qu'il faisait en décembre s'est prolongé jusqu'en janvier et en février. Une semaine dans un pays chaud et agréable, au bord de la plage ne m'a pas enlevé tout mon courage. Je suis allée faire une promenade dans la neige; inutile de dire que je préférais le maillot de bains, les sandales et la robe de plage au manteau de duvet, aux grosses bottes avec la tuque et les mitaines. La neige n'a pas la même souplesse que le sable même si elle garde nos traces aussi. Le sable les efface rapidement avec l'aide des vagues et nous rappelle que nous sommes de petits grains de sable dans cet univers si diversifié. Quelle chance de pouvoir se retrouver sur une plage en quelques heures après avoir laissé derrière soi, le grésil, le verglas, le vent et la grisaille d'une semaine sans soleil.  De retour au Canada, j'apprécie mon champ de glace, mes arbres gris et la sérénité qu'apporte une marche à la campagne dans la neige fraîche.  Hier, j'ai vu plusieurs personnes marcher dans la neige, les écouteurs sur les oreilles, le nez pointé sur leur cellulaire et je me disais que ces gens se privaient d'un moment de méditation et de contemplation qui serait bien plus rassurant que la musique ou tous les réseaux sociaux du moment. J'ai fermé mon cellulaire et la radio, j'écoute Malcom MacLaren et j'écris. Je vais laisser mon blogue et passer au carnet et au crayon. Ah!


mardi 10 janvier 2017

L'atmosphère était brumeuse comme celle de ma journée grise et blanche, dans le joli comté de Glengarry. La poésie inspirée par Venise ne ressemble pas à celle inspirée par un champ blanc, parsemé de touches grises et brunes, de miniscules taches blanches brouillant la vue et fouettant votre visage. Aujourd'hui, j'aurais voulu écrire de façon maestoso, ce qui m'a fait éprouver une irrépressisble mélancolie lancinante et un désir de me retrouver dans cet endroit magnifique. Puisque c'est impossible de me transporter à Venise, je peux regarder mes vieilles photos, lire de l'italien et rechercher dans mon Thésaurus, tout ce qui surgit quand je tape le mot : maestoso.
Un vrai miracle à la manière de Donna Leon, une longue liste de termes utilisés surtout en musique, mais juste à les lire, ils roulent sous ma langue, créent leur propre musique et je ne puis rien faire d'autre que les recopier et rêver à l'Italie.
Andantino, presto, largo, lento, con brio, con moto, moderato, vivace, accelerando, rallentendo, mezzo forte, pianissimo, amabile, amoroso, espressivo, con fuoco, furioso, gracioso, spiritoso.
En bref, j'aurais voulu écrire avec une lenteur majestueuse! Buon giorno! Buona sera!

lundi 5 décembre 2016

Niagara-sur-le-lac, quelle jolie ville. Il y a trois mois, lors de la prise de photo, il faisait au moins 35 degrés C dans ce joli village. Le climat y est si agréable; je comprends que certaines gens veulent vivre dans ce lieu enchanteur. Mon paysage couvert de cette mousse blanche et froide a bien du charme. Pourtant, je prendrais l'avion demain pour un lieu plus ensoleillé.
Lectures de la semaine: L'insouciance de Karine Tuil, Dante, en bribes, "If the dead rise not" par Philip Kerr, et des nouvelles de Monique Proulx, "Les Aurores montréales". Pure coïncidence, le thriller de Kerr se passait en partie à Cuba, avant la révolution. Cet auteur fait des recherches incroyables pour ses écrits. Une bonne manière d'en apprendre sur l'histoire si on n'a pas envie de lire des manuels d'histoire. Quant à Monique Proulx, son écriture délicieuse me régale. Comme un repas de poésie. "En contre-plongée, le bois des persiennes se trouve traversé de courants roses, translucides, comme si la lumière venait de mettre au monde cette fenêtre, de lui dévoiler une âme crue et palpitante. " Une description simple mais évocatrice de chaleur, de lumière, d'un moment précis de la journée, du moment où le lecteur verra un personnage s'approcher.
Lire des nouvelles, je crois que cela doit faire partie de l'apprentissage de toute personne qui veut vraiment écrire.

jeudi 3 novembre 2016

Disparu, le soleil arrogant qui nous faisait un dernier salut estival hier! La pluie de novembre ce matin, celle qui me donne le goût de refaire mes valises et d'aller quelque part au soleil. Novembre et avril, les deux mois champions de la grisaille et de la tristesse. La date de la Toussaint, le premier novembre signale le début d'une période de deuil pour moi. Ironiquement, c'est le mois de ma naissance et de celle de mon fils aîné. Novembre, un mois sombre, manquant de luminosité me fait tourner vers l'intérieur, les feux de bois et les bonnes lectures. J'ai décidé de plonger dans un livre de Alberto Manguel, "De la curiosité". Cet écrivain m'intrigue et il représente un immense défi de lecture pour moi. Dans les premiers chapitres, il fait référence à Conan Doyle, Dante, Virgile, des monuments de la littérature, des personnages qui me fascinent et que je vais tenter de connaître sous la tutelle de Manguel, un autre monument de la littérature.
Mon rêve de novembre!

mercredi 2 novembre 2016

Parfois, dans la vie d'un lecteur ou une d'une lectrice boulimique comme moi, des livres nous attrapent par la peau du cou et nous gardent suspendus, les yeux rivés sur leurs pages, avec les doigts condamnés à ne rien faire d'autre qu'à suivre le texte et tourner les pages. Voilà comment je me sentais les cinq derniers jours pendant que je lisais "Mr Gwyn" de Alessandro Baricco. Quel livre inusité, élégant, mystérieux, je me suis fait violence pour le laisser sur ma table de chevet car je n'aurais rien fait d'autre de mes journées et je l'aurais terminé trop vite. En le lisant le soir, avant de dormir, je m'assurais de beaux rêves et du plaisir. Comme c'est si bien dit sur la quatrième de couverture: "Un roman intrigant et brillant".  Je l'ai tellement aimé que je veux le trouver dans la version originale, en italien et le déchiffrer afin de voir si j'ai manqué des subtilités cachées, des phrases délicieuses. "Jasper Gwyn disait que chacun d'entre nous est la page d'un livre, mais d'un livre que personne n'a jamais écrit et que nous cherchons en vain dans les rayonnages de notre esprit" p.212. Il y a de quoi méditer et réfléchir sur cette phrase. Je sens que je vais le lire encore en tout et en partie et sur une longue période de temps, sinon toute ma vie.

 Dans un autre domaine mais quand même pas trop éloigné, j'ai redécouvert un article dans une revue qui me fascine. J'essaie de le lire en petites parties car je dois m'arrêter et y réfléchir. Il me rappelle toutes les discussions que nous avons eues dans le cours Écrits et discours d'artistes à l'UQAM. Le titre est Anna Banti et Artemisia Gentileschi par Emmanuela Genesis dans la revue marges.revues.org. En plus du sujet qui m'intéresse au plus haut point, j'ai l'occasion d'admirer et observer en détails des oeuvres de Artemesia sans avoir à faire des recherches. En effet, elles sont insérées dans l'article. Il est question du lien entre l'écriture et la peinture à travers un roman. Il faut lire l'article plusieurs fois pour en apprécier la profondeur.

Cet article m'a ramené à un autre de mes livres préférés : " Manuel de peinture et calligraphie" de José Saramago. Le sujet du roman: un peintre qui décide de se mettre à écrire. Voilà la boucle est bouclée. L'écrivain qui veut faire des portraits et entre les deux un roman qui mêle la peinture à l'écriture à travers deux artistes.  Je viens de me rappeler que j'ai aussi lu "Trois fois dès l'aube" , un roman mentionné dans "Mr Gwyn" comme un chef-d'œuvre par le même auteur dans ce dernier roman. En parlant de boucle, je me sens entraînée par un lasso dans un dédale ou un labyrinthe. JE suis perdue et je veux me perdre encore. JE retourne lire tous ces romans.

lundi 31 octobre 2016

Temps des moissons


Cette photo me plaît beaucoup, la luminosité, le contraste entre les plantes et les souvenirs de tous les efforts qu'on a faits pour accomplir cela. 


Le champ ouest il y a deux ans. Il n'a pas changé beaucoup. Demain, il fera soleil et je ferai une inspection de mes champs. J'avais tellement hâte de revenir à la maison et maintenant je ferais un autre voyage. J'irais en Suisse ou en Italie ou dans le sud de la France alors qu'il fait encore chaud. J'ai bien aimé le soleil radieux à Bergerac, une ville qui a adopté Cyrano de Bergerac. Dans une petite place charmante, avec un muret de pierres pour le protéger du vent, une église à sa droite et des terrasses peuplées de gens charmants lui faisant face comme s'ils étaient prêts à l'écouter déclamer ses vers. Il trône sur son socle, au soleil. Pendant que je le regardais et que j'admirais toutes les beautés dont il était entouré, les fleurs, les arbres, les pierres chaudes et colorées, un chat se glissait sur le muret et le regardait, muet et ennuyé. Puis il a continué son chemin, il n'est pas sombré dans l'admiration comme je le faisais. Il cherchait tout simplement une pierre chaude ou une proie. Tout de même, j'ai continué à rêver en regardant Cyrano et à siroter comme un nectar les rayons chauds du soleil qui glissaient sur ma peau en cette fin d'octobre. Voilà pourquoi j'aime voyager!

mercredi 21 septembre 2016

L'Italie continue de me faire rêver. Je lis les livres de Elena Ferrante, la série des Romans Napolitains. Son écriture vous fait embarquer dans la vie d'une jeune fillette de Naples et on la suit jusqu'à l'âge adulte , après qu'elle soit sortie de la pauvreté, ait publié un roman, épousé un jeune intellectuel, professeur à Florence et soit devenue mère. Vraiment, j'ai eu l'impression de prendre un immense vaisseau et de me diriger de Naples à Ischia, ensuite à Florence afin de vivre avec Elena le périple qui la mena d'un quartier très pauvre et violent de Naples à ses études et à la rencontre de son mari jusqu'à sa vie de femme brillante mais entravée dans son développement par les contraintes imposées aux femmes en Italie. Un roman brillant!