Une lumière vaporeuse, comme filtrée par la réflexion de la neige qui fond et fait une ascension en fines gouttelettes vers le soleil. Premier jour du printemps, au moins il n'a pas eu l'insolence de nous apporter de la pluie et un ciel gris. La neige fond doucement et les cristaux se forment à sa surface, la rendant granuleuse.
Il semble que cette journée soit destinée à être glorieuse: c'est aussi la journée mondiale du bonheur tel que décrété par l'ONU. Je ne crois toujours pas que l'argent fait le bonheur mais le soleil et un beau paysage, certainement. Le chemin de ma maison à la route me donne l'illusion que toutes les voies sont possibles pour mon futur; je pourrais partir d'ici et visiter le monde entier. Pourquoi? Le bonheur se cache ici sous le soleil, à regarder les branches en espérant que les bourgeons sortent de leur enveloppe avant la tombée du jour. Quel joyeux printemps en perspective!
lundi 20 mars 2017
dimanche 5 mars 2017
Rêves de voyage!
Rêver de voyages, partir à la découverte, voir les couleurs d'ailleurs. Tout est prétexte à rêver de voyages. Je rêve en regardant la reproduction de "Nulle terre étrangère" par Peter Doig. Une peinture que j'aurais aimé avoir mais je n'aurais jamais les moyens de l'acquérir. Une immense toile, le fond est d'un bleu profond, illuminé par une trace bleue pâle en plein centre, comme une chute d'eau, presque une idée de peinture qui dégouline des feuilles de palmiers très hauts. Ces palmiers sont comme des grandes fleurs coiffant le haut de la peinture, comme un immense chapeau. Cela donne envie de s'y engloutir dans tout ce bleu et puis le regard se porte sur le pêcheur, presque nu, marchant dans l'eau, mince et flou comme s'il allait disparaître, se cacher dans cet univers déliquescent de bleuissement, de fluidité aquatique. Étrange et froid mais attirant et puissant.
Rêver de voyages, partir à la découverte, voir les couleurs d'ailleurs. Tout est prétexte à rêver de voyages. Je rêve en regardant la reproduction de "Nulle terre étrangère" par Peter Doig. Une peinture que j'aurais aimé avoir mais je n'aurais jamais les moyens de l'acquérir. Une immense toile, le fond est d'un bleu profond, illuminé par une trace bleue pâle en plein centre, comme une chute d'eau, presque une idée de peinture qui dégouline des feuilles de palmiers très hauts. Ces palmiers sont comme des grandes fleurs coiffant le haut de la peinture, comme un immense chapeau. Cela donne envie de s'y engloutir dans tout ce bleu et puis le regard se porte sur le pêcheur, presque nu, marchant dans l'eau, mince et flou comme s'il allait disparaître, se cacher dans cet univers déliquescent de bleuissement, de fluidité aquatique. Étrange et froid mais attirant et puissant.
Un matin, ma fille a publié une reproduction de Picasso dans son blogue et pendant ce temps, je contemplais une vieille photo de famille où ma mère pose avec ses dix filles. Je voulais écrire à propos de cette photo ce matin. Les souvenirs que cette photo font surgir sont beaux; une époque disparue, des sentiments bien différents dans la famille en ce moment. Il y a beaucoup de changements dans une famille lorsque la mère disparaît. Depuis que ma soeur aînée est décédée, bien des choses ont changé aussi. Le temps file à toute allure. Chacun de nous vit sa vie, poursuit ses rêves et accomplit ses tâches quotidiennes en essayant de faire de son mieux.
Au lieu de montrer la photo de ma mère et de ses filles, j'ai décidé de montrer la maison où j'ai vécu de l'âge de quatre ans jusqu'à seize ans. Cela représente peu d'années dans une vie mais c'est ma cathédrale à moi. Cette maison fut le centre de mes rêves et de mes espoirs. De cet endroit, j'ai choisi de devenir artiste, j'ai commencé à écrire des histoires, faire des dessins et mes premières peintures très maladroites. J'ai aussi établi un contact avec la nature qui est la base de tout ce que je suis comme personne. La maison et la ferme qui furent le refuge de mon enfance et de mon adolescence. Toutefois, le plus important à propos de cette maison, ce sont les souvenirs de ma mère, les leçons que j'ai retenues, les choses qu'elle m'a enseignées, tout ce qu'elle a dit et a fait durant ces années, lorsqu'on vivait dans cette belle grande maison bien carrée, située en face du lac Casgrain. La maison d'où elle est partie pour aller mourir à l'hôpital, nous laissant bien seuls, avec notre père.
vendredi 10 février 2017
Un endroit découvert l'automne passé; dans un petit village de France, presque abandonné sauf par quelques irréductibles et une entrepreneure en immobilier, vorace comme le loup des montagnes de France du dix-neuvième siècle. Oh oh! Mon imagination s'emporte. J'étais vraiment triste de ne pouvoir visiter l'église car ses portes s'ouvraient seulement le dimanche et pas tous les dimanches. J'ai contemplé ses vieilles pierres, blondies par le temps. J'ai circulé entre les tombes de son étrange cimetière comme une plate-bande décorant la cour de l'église, étonnantes par la variété des inscriptions, des hommages, des fleurs, des photos dans leurs cadres parfois baroques. J'aimerais pouvoir y retourner demain, faire un arrêt sur le banc pour y attendre l'autobus. Ce banc croulant en pierres et protégé par un toit de tuiles rouges. Les fantômes y font leur pause la nuit et attendent le prochain départ. Un village perdu comme il en existe encore, dans les romans de Simenon.
Au lieu de voyager, j'écris et je me remets aux poèmes. Un style trop fleuri mais je m'amuse!
Au lieu de voyager, j'écris et je me remets aux poèmes. Un style trop fleuri mais je m'amuse!
Partir
Gros-grain grisonnant rayé de blanc
Tu roules en dévalant
Les collines, les vallées, en serpentant
Entraînant les humains affolés
Dans une course effrénée
Cherchant la paix et l'isolement
Effrayant au passage animaux et verdures tremblantes
Cherchant la paix et l'isolement
Sur un tapis vif argent
Entraîne-moi loin de l'ennui
Laisse-moi voguer vers l'inconnu
De la solitude, je veux payer le gris
M'enfuir, me libérer, m'attacher jamais plus
Je veux découvrir des pays défendus
Grimper les murs, y balancer le superflu
Ramper vers les bleus dffus
Chemin, sentier, passage, voie lactée
Hissez-moi vers ma destinée
Choisir une rue, une allée pour me planquer
Sous la charmille, à l'abri du passé
Dans le calme, je me réinventerai
Guettant l'espoir, craignant la vérité
En quête du devenir en gardant mon sourire
vendredi 3 février 2017
Ah l'hiver n'a pas dit son dernier mot! Le temps qu'il faisait en décembre s'est prolongé jusqu'en janvier et en février. Une semaine dans un pays chaud et agréable, au bord de la plage ne m'a pas enlevé tout mon courage. Je suis allée faire une promenade dans la neige; inutile de dire que je préférais le maillot de bains, les sandales et la robe de plage au manteau de duvet, aux grosses bottes avec la tuque et les mitaines. La neige n'a pas la même souplesse que le sable même si elle garde nos traces aussi. Le sable les efface rapidement avec l'aide des vagues et nous rappelle que nous sommes de petits grains de sable dans cet univers si diversifié. Quelle chance de pouvoir se retrouver sur une plage en quelques heures après avoir laissé derrière soi, le grésil, le verglas, le vent et la grisaille d'une semaine sans soleil. De retour au Canada, j'apprécie mon champ de glace, mes arbres gris et la sérénité qu'apporte une marche à la campagne dans la neige fraîche. Hier, j'ai vu plusieurs personnes marcher dans la neige, les écouteurs sur les oreilles, le nez pointé sur leur cellulaire et je me disais que ces gens se privaient d'un moment de méditation et de contemplation qui serait bien plus rassurant que la musique ou tous les réseaux sociaux du moment. J'ai fermé mon cellulaire et la radio, j'écoute Malcom MacLaren et j'écris. Je vais laisser mon blogue et passer au carnet et au crayon. Ah!
mardi 10 janvier 2017
L'atmosphère était brumeuse comme celle de ma journée grise et blanche, dans le joli comté de Glengarry. La poésie inspirée par Venise ne ressemble pas à celle inspirée par un champ blanc, parsemé de touches grises et brunes, de miniscules taches blanches brouillant la vue et fouettant votre visage. Aujourd'hui, j'aurais voulu écrire de façon maestoso, ce qui m'a fait éprouver une irrépressisble mélancolie lancinante et un désir de me retrouver dans cet endroit magnifique. Puisque c'est impossible de me transporter à Venise, je peux regarder mes vieilles photos, lire de l'italien et rechercher dans mon Thésaurus, tout ce qui surgit quand je tape le mot : maestoso.
Un vrai miracle à la manière de Donna Leon, une longue liste de termes utilisés surtout en musique, mais juste à les lire, ils roulent sous ma langue, créent leur propre musique et je ne puis rien faire d'autre que les recopier et rêver à l'Italie.
Andantino, presto, largo, lento, con brio, con moto, moderato, vivace, accelerando, rallentendo, mezzo forte, pianissimo, amabile, amoroso, espressivo, con fuoco, furioso, gracioso, spiritoso.
En bref, j'aurais voulu écrire avec une lenteur majestueuse! Buon giorno! Buona sera!
Un vrai miracle à la manière de Donna Leon, une longue liste de termes utilisés surtout en musique, mais juste à les lire, ils roulent sous ma langue, créent leur propre musique et je ne puis rien faire d'autre que les recopier et rêver à l'Italie.
Andantino, presto, largo, lento, con brio, con moto, moderato, vivace, accelerando, rallentendo, mezzo forte, pianissimo, amabile, amoroso, espressivo, con fuoco, furioso, gracioso, spiritoso.
En bref, j'aurais voulu écrire avec une lenteur majestueuse! Buon giorno! Buona sera!
lundi 5 décembre 2016
Niagara-sur-le-lac, quelle jolie ville. Il y a trois mois, lors de la prise de photo, il faisait au moins 35 degrés C dans ce joli village. Le climat y est si agréable; je comprends que certaines gens veulent vivre dans ce lieu enchanteur. Mon paysage couvert de cette mousse blanche et froide a bien du charme. Pourtant, je prendrais l'avion demain pour un lieu plus ensoleillé.
Lectures de la semaine: L'insouciance de Karine Tuil, Dante, en bribes, "If the dead rise not" par Philip Kerr, et des nouvelles de Monique Proulx, "Les Aurores montréales". Pure coïncidence, le thriller de Kerr se passait en partie à Cuba, avant la révolution. Cet auteur fait des recherches incroyables pour ses écrits. Une bonne manière d'en apprendre sur l'histoire si on n'a pas envie de lire des manuels d'histoire. Quant à Monique Proulx, son écriture délicieuse me régale. Comme un repas de poésie. "En contre-plongée, le bois des persiennes se trouve traversé de courants roses, translucides, comme si la lumière venait de mettre au monde cette fenêtre, de lui dévoiler une âme crue et palpitante. " Une description simple mais évocatrice de chaleur, de lumière, d'un moment précis de la journée, du moment où le lecteur verra un personnage s'approcher.
Lire des nouvelles, je crois que cela doit faire partie de l'apprentissage de toute personne qui veut vraiment écrire.
Lectures de la semaine: L'insouciance de Karine Tuil, Dante, en bribes, "If the dead rise not" par Philip Kerr, et des nouvelles de Monique Proulx, "Les Aurores montréales". Pure coïncidence, le thriller de Kerr se passait en partie à Cuba, avant la révolution. Cet auteur fait des recherches incroyables pour ses écrits. Une bonne manière d'en apprendre sur l'histoire si on n'a pas envie de lire des manuels d'histoire. Quant à Monique Proulx, son écriture délicieuse me régale. Comme un repas de poésie. "En contre-plongée, le bois des persiennes se trouve traversé de courants roses, translucides, comme si la lumière venait de mettre au monde cette fenêtre, de lui dévoiler une âme crue et palpitante. " Une description simple mais évocatrice de chaleur, de lumière, d'un moment précis de la journée, du moment où le lecteur verra un personnage s'approcher.
Lire des nouvelles, je crois que cela doit faire partie de l'apprentissage de toute personne qui veut vraiment écrire.
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